Coopération en action

Rapport d'activités 2025 - 2026

« La coopération internationale n'est pas une œuvre de charité, mais un investissement à long terme. Ignorer cela, c'est se priver d'un levier. Pas d'une charge. »

Jean Van Wetter
Directeur général, Enabel

Picture of Jean Van Wetter

Europe - Afrique

 Corridors stratégiques : connecter les territoires, transformer les économies 

La réindustrialisation de l’Europe et l‘industrialisation de l’Afrique sont étroitement liées : alors que l’Europe cherche à renforcer sa souveraineté industrielle et technologique, l’Afrique entre dans une phase décisive de son expansion industrielle, portée par son dynamisme démographique et l’opportunité d’un saut technologique.  

Les corridors prioritaires africains illustrent cette complémentarité. En modernisant leurs axes de transport et en renforçant les chaînes de valeur, ils facilitent les échanges commerciaux et la mobilité au sein du continent africain et avec l’Europe. Dans le cadre du plan d’investissement européen Global Gateway, qui identifie douze corridors prioritaires en Afrique, Enabel joue un rôle actif dans huit d’entre eux en combinant assistance technique, infrastructures, investissements et transition écologique. 

Corridor Cotonou–Niamey

En partenariat avec le port d’Anvers‑Bruges, Enabel s’appuie sur son expertise en gouvernance portuaire pour soutenir la modernisation du port de Cotonou au Bénin - notamment sa compétitivité (le flux de marchandises y a augmenté de 45% entre 2010 et 2019) et son rôle de porte d’entrée vers le Niger, le Burkina Faso et le nord du Nigéria.

Enabel appuie également la gestion et la sécurité du corridor béninois, via un appui aux patrouilles de la Police Républicaine dans les zones sensibles du nord et du centre du pays. 

Les corridors Abidjan–Lagos et Abidjan–Ouagadougou articulent la circulation des biens, des personnes et du développement économique en Afrique de l’Ouest.
Cette dynamique s’est incarnée dans le Forum d’affaires UE–Afrique de l’Ouest organisé à Abidjan du 30 mars au 1er avril 2026. Il a permis de présenter des projets identifiés le long des corridors à des investisseurs publics et privés, dans l’alignement de la stratégie Global Gateway. 

« Enabel accompagne la gestion durable des corridors et des ports, et soutient les investissements productifs : l’objectif est de transformer les couloirs en un espace économique structuré, en améliorant leur capacité à attirer des investisseurs. »
Jean-Christophe Charlier, chef de l’unité Gouvernance chez Enabel

Corridor Dar es Salaam–Kigoma

En Tanzanie, où le port de Dar es Salaam absorbe 95 % du commerce international du pays, Enabel coordonne l’assistance technique au corridor : tandis que le port d’Anvers-Bruges et TradeMark Africa soutiennent l’amélioration des performances opérationnelles du port et l’harmonisation des processus douaniers, Enabel et ONU Habitat appuient la transition vers une économie bas carbone. 

Enabel accompagne les autorités tanzaniennes dans la structuration du secteur des véhicules électriques et des infrastructures de recharge. Elle collabore également avec l’Université de Dar es Salaam afin d’adapter les formations aux métiers verts de demain. 

Corridor Cotonou–Niamey

En partenariat avec le port d’Anvers‑Bruges, Enabel s’appuie sur son expertise en gouvernance portuaire pour soutenir la modernisation du port de Cotonou au Bénin - notamment sa compétitivité (le flux de marchandises y a augmenté de 45% entre 2010 et 2019) et son rôle de porte d’entrée vers le Niger, le Burkina Faso et le nord du Nigéria.

Enabel appuie également la gestion et la sécurité du corridor béninois, via un appui aux patrouilles de la Police Républicaine dans les zones sensibles du nord et du centre du pays. 

Les corridors Abidjan–Lagos et Abidjan–Ouagadougou articulent la circulation des biens, des personnes et du développement économique en Afrique de l’Ouest.
Cette dynamique s’est incarnée dans le Forum d’affaires UE–Afrique de l’Ouest organisé à Abidjan du 30 mars au 1er avril 2026. Il a permis de présenter des projets identifiés le long des corridors à des investisseurs publics et privés, dans l’alignement de la stratégie Global Gateway. 

« Enabel accompagne la gestion durable des corridors et des ports, et soutient les investissements productifs : l’objectif est de transformer les couloirs en un espace économique structuré, en améliorant leur capacité à attirer des investisseurs. »
Jean-Christophe Charlier, chef de l’unité Gouvernance chez Enabel

Corridor Dar es Salaam–Kigoma

En Tanzanie, où le port de Dar es Salaam absorbe 95 % du commerce international du pays, Enabel coordonne l’assistance technique au corridor : tandis que le port d’Anvers-Bruges et TradeMark Africa soutiennent l’amélioration des performances opérationnelles du port et l’harmonisation des processus douaniers, Enabel et ONU Habitat appuient la transition vers une économie bas carbone. 

Enabel accompagne les autorités tanzaniennes dans la structuration du secteur des véhicules électriques et des infrastructures de recharge. Elle collabore également avec l’Université de Dar es Salaam afin d’adapter les formations aux métiers verts de demain. 

Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa : moteur de croissance 

En Afrique équatoriale, le couloir vert Kivu-Kinshasa raconte une autre trajectoire de développement pour la RDC. Plus de 2600 km de routes et voies fluviales relient les Kivus, à l’est du pays, à Kinshasa à l’ouest, tout en protégeant les 540 000 km² du Bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Pensé comme un moteur de croissance verte et inclusive, il vise à conjuguer conservation des écosystèmes, développement socio-économique et promotion de l’économie verte.  

Enabel soutient le développement de chaînes de valeur agricoles: L’agence aide les producteurs à se structurer, améliore la transformation des denrées et facilite leur acheminement depuis les territoires enclavés jusqu’aux centres économiques. Enabel renforce également le transport fluvial autour du fleuve Congo. Enfin, Enabel stimule le développement du secteur privé local, en soutenant l’agro‑entrepreneuriat et les investissements responsables

Cette initiative fait écho à l’action de l’Alliance Virunga, portée par Emmanuel de Mérode autour du Parc national des Virunga : préserver un écosystème exceptionnel, tout en créant des opportunités économiques durables pour les communautés locales. 

Minerais critiques : entre souveraineté stratégique et responsabilité globale 

Dans un contexte mondial marqué par le renouveau des politiques industrielles et une incertitude géopolitique accrue, l’accès aux matières premières critiques est devenu un enjeu majeur de souveraineté stratégique. 

Mais cette quête d’autonomie soulève une question centrale, notamment pour les pays de l’Union européenne : comment sécuriser l’approvisionnement, tout en garantissant aux pays producteurs une exploitation responsable et durable ?

Entre autonomie stratégique européenne et développement industriel africain

En 2025, l’Union européenne identifie 34 matières premières critiques et 17 matières premières stratégiques indispensables à son économie. Ainsi, les terres rares, le nickel ou encore le cobalt sont essentiels aux technologies de la transition énergétique (éoliennes, panneaux solaires), tandis que le lithium, le graphite et le phosphate jouent un rôle clé dans la fabrication des batteries et le stockage d’énergie.  

En raison de leur riche dotation en métaux et minéraux critiques et stratégiques, les pays africains apparaissent comme des partenaires clés : le développement de projets miniers et industriels sur leurs territoires représente donc un enjeu géostratégique mondial et une opportunité de développement économique majeure. 

En RD Congo, une approche intégrée du secteur minier  

La République démocratique du Congo, qui assurait selon la Banque Mondiale plus de 74 % de la production mondiale de cobalt en 2021, illustre pleinement la relation entre enjeu géostratégique et développement local : au niveau central, Enabel appuie le ministère congolais des Finances dans l’élaboration et la mise en œuvre de sa feuille de route 2025-2027, afin d’améliorer la gestion macrobudgétaire et financière des ressources minières et pétrolières.

Au niveau régional, dans les pôles miniers du Haut‑Katanga et du Lualaba, Enabel appuie le développement des compétences, afin de renforcer l’emploi décent, la chaîne de valeur (extraction, industrie de transformation) et la durabilité du secteur. À Kolwezi (Lualaba), l’agence a noué un partenariat avec un sous‑traitant minier pour former des jeunes en électricité industrielle selon des standards internationaux, tout en équipant les centres de formation et en renforçant les capacités des formateur·rices locaux·ales. 

À Lubumbashi (Haut-Katanga), Enabel appuie les centres de formation afin de proposer des parcours directement liés aux métiers du secteur minier et paraminier (maintenance, mécanique, conduite d’engins, logistique), combinés à des stages en entreprise. Cette approche part des besoins réels des entreprises pour construire des formations orientées vers l’emploi. 

Perspectives

Le rôle émergent d'Enabel en Syrie

La transition politique en Syrie depuis décembre 2024 a ouvert une fenêtre fragile, mais réelle pour la reconstruction après plus d’une décennie de conflit. Alors que les divisions sociales, les infrastructures détruites et les déplacements massifs continuent de façonner la réalité quotidienne, les premiers signes de reprise sont visibles. La Belgique, aux côtés de ses partenaires européens, a entamé un réengagement diplomatique progressif.

Enabel propose un parcours progressif et adapté au contexte pour appuyer le rôle joué par la Belgique. Des missions exploratoires préliminaires ont été menées fin 2025 et début 2026 dans le but de nouer des contacts à haut niveau pour discuter des priorités de la Syrie, les aligner sur les intérêts de la Belgique et la position de l’UE, et évaluer les conditions de fonctionnement.

Les points d’entrée stratégiques potentiels pour un redressement rapide devraient se concentrer sur le renforcement de la gouvernance et de la capacité institutionnelle des autorités syriennes. Cet appui peut porter sur des domaines tels que la gouvernance portuaire, les efforts de réintégration systémique, la digitalisation des registres d’état civil et les questions liées au climat. En outre, la mise en place d’un environnement favorable à la création d’emplois nécessitera des investissements dans le développement des compétences, l’enseignement et la formation techniques et professionnels, ainsi que des mesures visant à soutenir le secteur privé. 

Cap sur la Moldavie

L’ouverture d’un bureau et le démarrage d’activités en Ukraine ont incité Enabel à engager une réflexion stratégique plus approfondie sur l'utilisation comme levier - pour d’autres pays - de l’expertise acquise en matière d’intégration européenne et de partenariats renforcés avec la Belgique. 

En 2025, Enabel est partie en mission exploratoire en Moldavie afin d’identifier les possibilités de collaboration. En février 2026, des décideur·euses politiques et expert·es techniques des ministères de l’Énergie de Moldavie et d’Ukraine sont venus en visite d'étude en Belgique. Ils ont rencontré des organismes publics et des entreprises de premier plan de l’écosystème énergétique belge (notamment Elia, Bruxelles Environnement, Engie, Umicore, Sortbat, Sibelga, Deplasse, Vlaams Energiebedrijf, Homegrade...) afin d’en tirer des enseignements pour leur propre processus d’adhésion. 

Afin d’ancrer davantage encore cette coopération avec la Moldavie, nous prévoyons en 2026 la signature d’un Memorandum of Understanding à Chișinău. Celui-ci permettra non seulement de formaliser notre engagement, mais aussi de créer un cadre structurel pour l’échange de connaissances et l’action commune.

Interview

Ukraine : au-delà de la guerre, croire en l'avenir

Viacheslav Chaus
Gouverneur de la région de Tchernihiv

Viacheslav Chaus est le Chef de l’administration militaire régionale de Tchernihiv. Ayant travaillé dans les secteurs privé et public, il a accédé à ce poste quelques mois seulement avant que la Russie ne lance son invasion à grande échelle de l’Ukraine, et occupe le poste de gouverneur depuis 2021. Il aborde les défis actuels de la région et sa vision de l’avenir de Tchernihiv : un avenir défini par la prospérité, l’inclusion et des partenariats internationaux solides.   

Cette section présente un extrait de l’entretien. L’entretien complet est disponible via ce lien ou en cliquant sur le bouton en bas de la page.

Comment décririez-vous la situation actuelle dans la région de Tchernihiv ? Comment la population s’en sort-elle et quels sont les besoins les plus urgents ? 

Nos concitoyen·nes ont fait l’expérience de la vie sans électricité, sans eau, sans chauffage et sans gaz pour la première fois en 2022, lorsqu’une partie de la région a été temporairement occupée par les forces russes. Cela nous a poussés à renforcer nos défenses aériennes, mais, face aux incessantes attaques de missiles et de drones, même les meilleures défenses ne peuvent pas tout faire.  
 
Au cours de l’année écoulée, plus de 24.000 frappes ennemies ont été enregistrées dans notre région. Alors que les frappes durent depuis quatre ans, cet hiver a été marqué par les attaques les plus brutales contre le secteur de l’énergie. La Russie mène aussi délibérément des doubles frappes ciblant les travailleur·euses du secteur de l’énergie en pleine réparation, ce qui rend extrêmement dangereuse la remise en état des infrastructures.  

Quoi qu’il en soit, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour éviter que notre population ne subissent trop des températures de -20°C. Nous avons ouvert de nombreux Resilience Hubs et mis tout en œuvre pour apporter un appui aux personnes handicapées et âgées. Les coupures de courant en alternance étant déjà une réalité, notre priorité était de préserver au moins l’accès au chauffage, et c’est précisément à ce niveau que les chaudières mobiles d’Enabel se sont révélées inestimables.

La démographie de la région a évolué : beaucoup de personnes ont fui la guerre, tandis que d’autres sont arrivées en nombre. Comment cette évolution affecte-t-elle les services sociaux ?    

Tchernihiv étant la deuxième région d’Ukraine en termes de superficie, mais aussi la moins densément peuplée, l’accès aux services sociaux y a toujours constitué un défi. L’invasion à grande échelle n’a fait qu’aggraver la situation, avec environ 30.000 personnes déplacées en provenance d’autres régions et un nombre croissant de vétérans de guerre parmi nos résident·es. Le maintien de la qualité et de l’accessibilité des soins de santé, de l’éducation et des services administratifs est une priorité partagée par les communautés et à tous les niveaux de gouvernement ; il est dès lors essentiel d’avoir des partenaires solides pour appuyer la capacité institutionnelle.  

Enabel a entamé ses activités ici en 2024. Comment évaluez-vous ce partenariat ?   

J’aimerais que tous les mémorandums de coopération fonctionnent aussi bien que celui que nous avons conclu avec Enabel. L’appui de la Belgique à la résilience énergétique, aux soins de santé et à l’éducation a été cohérent et opportun, et nous lui en témoignons notre reconnaissance.   

J’espère qu’un jour, la région de Tchernihiv deviendra elle aussi un partenaire à part entière de nos alliés, qu’elle ne se contentera pas de bénéficier d’un appui, mais qu’elle y contribuera sur un pied d’égalité. J’envisage une relation bilatérale fondée sur des échanges économiques, culturels et éducatifs. Rien que dans les soins de santé, nos médecins ont acquis une expertise inestimable dans des domaines tels que la réadaptation, des connaissances chèrement acquises dont le monde entier pourrait s’inspirer. Ce type de coopération mutuelle est mon rêve. Après celui de la victoire de l’Ukraine, bien entendu.  

Engagement du secteur privé

Alliances avec le secteur privé

Enabel et AB InBev ont conclu un partenariat stratégique à long terme pour faire progresser le développement durable à travers le renforcement des chaînes de valeur agricoles, la promotion d'initiatives d’économie circulaire et le renforcement de la préservation de l’eau et la résilience climatique en Ouganda, au Mozambique et en Tanzanie.
AB InBev met à disposition une vaste expérience opérationnelle, des plateformes d’innovation et de vastes chaînes d’approvisionnement agricole, tandis qu'Enabel apporte une expertise technique et de solides réseaux au sein des gouvernements et de la société civile. 

En Guinée, Enabel a développé un partenariat structurant avec Rio Tinto afin de renforcer l’employabilité et l’autonomisation économique de 500 jeunes, en particulier des jeunes filles et femmes vulnérables. Ensemble, les partenaires mettent en place un cofinancement 50-50 au bénéfice des Centres d’Autonomisation Économique des Femmes (CAEF), qui offrent des formations techniques et entrepreneuriales à des jeunes filles et femmes. Enabel et Rio Tinto contribuent durablement au développement du capital humain et à la dynamique économique locale, notamment le long du corridor Simandou, qui relie le sud-est du pays à la capitale Conakry.

Axé sur le plaidoyer commun et le développement d’initiatives complémentaires, ce partenariat permet aux deux entreprises de partager des informations et des réseaux, et de co-créer des projets liés au Global Gateway, notamment en matière d’assistance technique, de formation professionnelle, d’emploi ou d’entrepreneuriat.
Le partenariat prévoit également un transfert de compétences par le biais de formations conjointes, d’un onboarding partagé, d’une collaboration au sein de l’African Competence Center et de possibilités de stages conjoints.

En Ukraine, Enabel pilote une « Junior Academy », un partenariat public-privé visant à améliorer le développement des compétences des jeunes pour les aligner sur les besoins du marché du travail.
La Belgique finance l’acquisition d’équipements de pointe et la formation d’instructeur·rices au Bosch Training Centre, tandis que Bosch contribue à la conception de laboratoires, à l’élaboration des programmes d’études et à l’organisation de conférences par des expert·es.  Le premier projet pilote de la Bosch Junior Academy est déjà opérationnel au lycée professionnel de Boryspil, avec plus de 170 élèves. Cinq autres académies sont en cours de développement.

Puratos et Enabel : une alliance stratégique qui fait bouger la filière cacao 

Cédric Van Belle
Président du Conseil d'Administration à Puratos

Cette section présente un extrait de l’entretien. L’entretien complet est disponible via ce lien ou en cliquant sur le bouton en bas de la page.

Puratos est un groupe mondial belge spécialisé dans le secteur des ingrédients pour la boulangerie, la pâtisserie et le chocolat. Fondé en 1919, il est présent dans plus de 100 pays et réalise près de 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

La durabilité est au cœur de votre stratégie cacao. Pourquoi est-ce devenu un enjeu central aujourd’hui ?  

Chez Puratos, notre stratégie cacao s’inscrit dans une évolution historique. Nous sommes entrés assez tardivement dans le chocolat, en 1989, dans un marché déjà très concurrentiel. Très vite, nous avons choisi de nous orienter vers des chocolats d’origine, issus d’une seule plantation ou en tout cas d’une région spécifique. Mais en apprenant ce métier, nous avons surtout découvert un problème majeur dans la filière d’approvisionnement cacao, particulièrement en Afrique : les agriculteur·rices étaient très mal rémunéré·es et peinaient à vivre de leur activité. 

Cela nous a choqués. À la fois sur le plan éthique et sur le plan stratégique. Si les producteurs ne peuvent pas vivre de leur travail, pourquoi transmettraient-ils ce métier à leurs enfants ? À terme, c’est l’avenir même de l’approvisionnement en cacao qui est menacé. Nous avons d’abord exploré les labels existants, mais nous avons constaté qu’ils n’étaient pas parfaits et qu’une partie des primes restait nécessairement dans les structures de gestion. 

Nous avons donc décidé de créer notre propre programme, Cacao-Trace, qui repose sur deux piliers. D’une part, l’amélioration de la qualité du cacao. Nous payons aux agriculteur·rices un prix premium par rapport au marché et avons développé une expertise en fermentation et séchage, ce qui permet d’obtenir un cacao de très grande qualité. 
D’autre part, le « chocolat bonus ». Nos clients, puisque nous sommes une entreprise B2B, paient 10 centimes supplémentaires par kilo de chocolat Cacao-Trace acheté. Cette somme est reversée à 100 % aux agriculteur·rices via une fondation.

Grâce à ce système, les producteurs bénéficient d’un revenu supplémentaire significatif, tout en améliorant la qualité du cacao. Pour nous, il s’agit d’un véritable modèle gagnant-gagnant : nous obtenons un cacao de meilleure qualité tout en ayant un impact réel sur la vie des communautés agricoles. 

Pourquoi les partenariats public-privé sont-ils indispensables, et comment se répartissent les rôles entre Puratos et Enabel ? 

Les partenariats public-privé sont essentiels, car agir seul est souvent plus lent et plus difficile. Dans de nombreux pays, notamment en Afrique, les réalités administratives ou logistiques rendent les projets plus complexes. Des partenaires publics comme Enabel apportent une crédibilité, un réseau institutionnel et une connaissance des contextes locaux que nous n’avons pas toujours. 

La complémentarité est claire : Puratos apporte son expertise cacao, sa capacité d’investissement et sa connaissance technique de la filière. Enabel facilite les relations locales, soutient la structuration des coopératives et accélère la mise en œuvre des projets. Cette collaboration est particulièrement importante lorsque nous nous développons dans de nouveaux pays où nous ne disposons pas encore d’équipes locales. 

Nous cherchons, par exemple, à diversifier notre approvisionnement au-delà de la Côte d’Ivoire, avec des projets au Congo, au Cameroun ou en Ouganda. Dans ces contextes, le soutien d’un acteur public permet de réduire les risques et d’accélérer les initiatives. C’est cette complémentarité qui garantit le succès des projets.

Climat & énergie

L’ambition verte de la Namibie 

Dotée d’un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables, la Namibie - pays d’Afrique australe de près de trois millions d’habitant·es - ambitionne de devenir l’un des leaders mondiaux de l’hydrogène vert. L’émergence d’une telle économie ouvre des perspectives à long terme pour le pays : soutenir une industrialisation bas carbone, créer des emplois locaux, déployer les énergies renouvelables à grande échelle et réduire le déficit énergétique national. 

Dans cette perspective, le renforcement du port de Walvis Bay constitue un investissement stratégique. Il vise à préparer les infrastructures portuaires à la transition bas carbone, à soutenir l’émergence d’une économie fondée sur l’hydrogène vert, et à améliorer la circulation des biens, des matières premières - notamment les minerais critiques - ainsi que celle des personnes. 

Formation professionnelle et industrialisation bas carbone 

La Namibie est confrontée à un taux de chômage des jeunes particulièrement élevé, estimé à 45 %. Il résulte principalement d’un décalage entre les compétences issues du système éducatif et de formation, et les besoins réels du marché du travail. 

À travers le Global Gateway - la stratégie d’investissement extérieure de l’Union européenne - Enabel et la GIZ développent des formations techniques et qualifiantes dans les secteurs des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert. Ces initiatives alignent le développement des compétences sur des investissements concrets et des opportunités d’emploi réelles, afin que la formation professionnelle soutienne directement une transition verte juste et inclusive. 

Si l’hydrogène vert demeure un moteur stratégique pour la Namibie, Enabel ambitionne également de renforcer les compétences liées aux minerais critiques et au développement de chaînes de valeur industrielles vertes, telles que les énergies éolienne et solaire.

Pourquoi la transition énergétique ne peut plus attendre 

La transition énergétique constitue un enjeu central pour le développement durable, notamment en Afrique, où près de 600 millions de personnes restent sans accès à l’électricité. 

Un enjeu de santé publique 

Cuisiner tue. En Afrique subsaharienne, près d’un milliard de personnes utilisent encore des combustibles polluants (bois de chauffe, charbon de bois, etc.) pour cuisiner. La pollution domestique qui en résulte provoque environ 815.000 décès prématurés chaque année, touchant surtout les femmes et les enfants. 

La cuisson propre constitue dès lors un pilier essentiel de la transition énergétique juste, ainsi qu’une opportunité de marché croissante pour l’action climatique et une croissance inclusive.

Au Mozambique, Enabel collabore avec le gouvernement pour mettre en place des standards réglementaires clairs, fixant des seuils d’efficacité énergétique et d’émissions.  
Ces normes protègent les ménages contre des technologies dangereuses tout en renforçant la confiance des investisseurs privés. La réforme des politiques publiques devient ainsi un levier pour créer un marché sûr et attractif : accélérer l’accès à ces solutions, c’est améliorer la santé des familles, soutenir les PME, renforcer le financement carbone et créer des emplois pour les femmes et les jeunes à travers le continent. 

La mobilisation de financements climat 

Parmi les mécanismes financiers mis en avant lors du deuxième Sommet africain pour le climat, tenu à Addis-Abeba (Éthiopie) en septembre 2025 figurent les marchés carbone, identifiés comme leviers stratégiques pour soutenir la mise en œuvre des engagements climatiques des États. Ils peuvent mobiliser des ressources supplémentaires pour soutenir des projets d’énergie propre, de cuisson propre, de reforestation ou d’agriculture durable.  Enabel appuie ainsi le renforcement de cadres climatiques et des capacités institutionnelles nécessaires pour accéder à ces mécanismes.

« Les marchés carbone doivent servir les ambitions africaines. La Belgique, en tant que membre de la Team Europe, est prête à soutenir cette vision ». 
Jean-Luc Crucke, Ministre belge de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale

En Tanzanie, Enabel et ONU Habitat soutiennent le développement du secteur des véhicules électriques légers en créant des conditions d’investissements durables. L’agence travaille notamment avec TAEME, l’association tanzanienne qui fédère les acteurs de la e-mobility.
Nous collaborons également avec l’Université de Dar es-Salaam pour adapter les formations aux futurs emplois de la mobilité électrique - car sans main‑d’œuvre qualifiée, pas de transition verte. 

En Côte d’Ivoire, Enabel structure des filières autour de la valorisation des résidus agricoles et de la production de combustibles alternatifs. 
L’agence renforce aussi les petites et moyennes entreprises et entrepreneur·es grâce à un appui technique et financier.
Enfin, Enabel stimule un écosystème d’affaires attractif en consolidant les réseaux entrepreneuriaux et en levant les freins au financement. 

Spotlight sur le Green Climate Fund

Le Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund) constitue le principal mécanisme financier climatique au monde. Enabel a signé, en mars 2026, le financement d’un projet au Mozambique d’un montant de 42 millions d’euros, visant à renforcer la résilience climatique et à élargir l’accès à l’énergie en zones rurales. 
Le projet développera l’accès à une énergie propre et abordable via des miniréseaux solaires et soutiendra les usages productifs de l’énergie tout en renforçant les capacités institutionnelles nationales.

Il améliorera directement les conditions de vie de plus de 65.000 Mozambicain·es. 

Sahel : histoires de résilience

Le Sahel est souvent évoqué à travers le prisme de ses fragilités : insécurité persistante, changement climatique, tensions sociales et économiques. Pourtant, investir dans sa stabilité est aussi un enjeu stratégique pour l’Europe.   L’engagement de la Belgique dans la région vise précisément à soutenir des dynamiques locales et régionales qui renforcent la résilience des communautés et préviennent les tensions à long terme.

Climat et ressources naturelles : renforcer la cohésion sociale 

Au Burkina Faso, l’insécurité, les mouvements de population et les effets du changement climatique accentuent la pression sur l’accès à la terre et à l’eau, fragilisant les relations entre communautés.  

Pour y répondre, Enabel soutient le développement agricole, notamment les champs-écoles paysans : cette approche participative permet aux producteurs d’adopter des techniques agroécologiques, d’accroître la sécurité alimentaire et économique, et de renforcer la résilience de l’agriculture face aux aléas climatiques. 
 
Dans les provinces du Ganzourgou et du Kouritenga, l’aménagement de rizières s’accompagne d’un travail sur les droits fonciers et d’un dialogue entre éleveurs, agriculteurs et autorités locales pour déterminer les règles d’accès et de gestion des terres. La concertation transforme ainsi un facteur de tension potentiel en levier de stabilité. 

« L’école fait avancer un pays » 

Au Niger, le renforcement de l’éducation s’inscrit dans un programme plus large, articulé autour de l’accès aux soins de santé essentiels, la résilience climatique et de la gouvernance locale.  Dans la région rurale de Dosso, l’insécurité, les inégalités sociales et le manque d’infrastructures compromettent l’accès à l’école, en particulier pour les filles.

Enabel travaille avec le Ministère nigérien de l’Education nationale pour garantir l'accès et le maintien des filles à l’école tout en améliorant la qualité de l’enseignement. : huit collèges bioclimatiques et mieux adaptés aux fortes chaleurs ont été construits et équipés de bibliothèques, salles informatiques, laboratoires et aires de sport. Des panneaux solaires garantissent l’accès durable à l’électricité, et des forages l’accès à l’eau potable. La construction de toilettes séparées pour filles et garçons favorise la présence continue des filles, y compris pendant les périodes menstruelles. 

Au-delà des infrastructures, le projet renforce la qualité de l'enseignement et la gouvernance locale : formation des enseignants aux pédagogies inclusives et aux technologies numériques, mais aussi prévention des violences basées sur le genre et déploiement d’une plateforme d’e-learning.  

Santé

Vers des systèmes pharmaceutiques fiables en Afrique 

L’accès à des médicaments sûrs, efficaces et abordables est un pilier essentiel de la santé publique. Pourtant, dans de nombreux pays africains, patient·es et professionnel·les de santé sont confronté·es au risque quotidien de tomber sur des produits inefficaces, voire dangereux. Les produits de qualité inférieure et falsifiés continuent de circuler, notamment là où les systèmes de régulation sont fragmentés ou manquent de ressources.

D’une vision commune à la réalité 

Depuis plus d’une décennie, Enabel collabore avec ses partenaires africains pour renforcer la réglementation des médicaments et promouvoir la coopération transfrontalière. Cet engagement à long terme a contribué à une étape majeure : la création de l’Agence africaine du médicament (AMA). 
Adoptée par l’Union africaine en 2019 et opérationnelle depuis 2025, l’AMA vise à soutenir les autorités nationales de régulation, harmoniser les normes et améliorer la qualité et la sécurité des médicaments et des technologies de la santé à l'échelle du continent.

« L’avenir de l’Afrique ne sera pas seulement défini par l’ambition, mais aussi par la capacité à construire des systèmes efficaces – pour les régulateurs, pour l’industrie et, surtout, pour les patient·es »
Dre Delese Mimi Darko, Directrice générale de l’Agence africaine du médicament

En Mauritanie, Enabel soutient les autorités nationales pour améliorer les procédures réglementaires et renforcer les mécanismes de contrôle qualité. L’objectif : garantir que les médicaments disponibles dans les pharmacies, et les établissements de santé respectent les normes de sécurité - y compris dans les régions isolées où la surveillance est plus difficile. 

Au Sénégal, Enabel aide les autorités réglementaires à renforcer leurs cadres et pratiques, à s’aligner sur les standards continentaux et à s’impliquer plus efficacement dans les initiatives réglementaires régionales et africaines. Ensemble, ces efforts contribuent à poser les fondations nécessaires au bon fonctionnement de l’AMA.  

Outre son appui au niveau national, Enabel joue un rôle clé dans la coordination des partenaires à l’échelle continentale en tant que présidente de la Plateforme de partenariat pour l’harmonisation de la réglementation des médicaments en Afrique.

Ce rôle de coordination est renforcé par l’initiative Team Europe sur la fabrication et l’accès aux vaccins, aux médicaments et aux technologies de santé en Afrique (TESS MAV+), pilotée par Enabel. En reliant assistance technique, dialogue politique et financements, TESS MAV+ constitue un pilier central des progrès de l’Afrique vers des médicaments plus sûrs et mieux réglementés. 

Jeunesse

Jeunes et engagé·es 

Les jeunes jouent un rôle crucial pour l’avenir de la coopération internationale. En 2025, Enabel a mis l’accent sur l’engagement des jeunes : grâce au programme BeGlobal, au Programme Junior et au Youth Sounding Board, les jeunes ont la possibilité de réfléchir et d’agir sur les défis mondiaux. 

BeGlobal : s’engager pour demain 
L’année écoulée a été marquée par des rencontres significatives. Grâce à des débats, des ateliers et des partenariats avec des acteurs du secteur de la jeunesse et de l’éducation, les jeunes ont fait entendre leur voix sur des thématiques telles que la solidarité internationale, les inégalités dans le monde et l’avenir de la coopération internationale. Un des moments phares fût a été l’évènement pour la jeunesse organisé par Enabel à l’automne 2025 en collaboration avec Je m’engage pour l’Afrique (JMA).

« Si les États-Unis deviennent le nouveau 'Wild West', que l’Europe devienne le 'Warm West'. Construisons de nouveaux partenariats entre l’Europe et l’Afrique qui soient respectueux, constructifs et efficaces.   »
David Van Reybrouck, écrivain et historien

En 2025, BeGlobal a conclu un accord avec la Colruyt Group Foundation pour développer un Youth Incubator. Ce partenariat vise à inspirer et à coacher des dizaines de jeunes à partir de 2026 pour qu’ils et elles développent et mettent en œuvre leurs idées de projets innovants de solidarité internationale.

Programme Junior : professionnaliser les jeunes et promouvoir la citoyenneté mondiale 

Le 12 mars 2026, Enabel a célébré le 20e anniversaire du Programme Junior qui, depuis 2006, a permis à près de 700 jeunes professionnel·les d’acquérir jusqu’à 2 années d’expérience dans les pays partenaires de la coopération internationale belge.

Il a vu le jour à la suite du tsunami de 2004 survenu dans l’océan Indien, sur l’initiative du ministre de la Coopération au développement de l’époque, Armand De Decker, en vue de mobiliser les jeunes autour des défis mondiaux et de leur offrir une première expérience professionnelle dans le domaine de la coopération internationale. 

Mobilité humaine : des services publics pour accompagner la réintégration 

 Les personnes migrantes qui retournent dans leur pays d’origine ne retrouvent pas toujours une place dans la société. Pour beaucoup, c’est un moment d’incertitude. Peu d’informations, des services difficiles d’accès, peu d’opportunités d’emploi. 

En Côte d’Ivoire, à travers le projet MIGRET, Enabel a analysé les défis auxquels font face les personnes migrantes de retour, tant pour accéder aux droits et aux services qu’aux opportunités socioéconomiques disponibles. Ces analyses permettent aux acteurs publics, privés et associatifs d’adapter leurs services et leurs conditions d’accessibilité. De l’accueil au suivi en passant par l’orientation, l’appui psychosocial, la formation, l’insertion ou l’accès au financement, tous les acteurs de la prise en charge sont pris en considération. 

En Guinée, le projet AMIS renforce les liens entre services publics de l’emploi, centres de formation, structures d’accompagnement et entreprises pour connecter les personnes migrantes de retour à des opportunités concrètes. Les partenariats avec le secteur privé sont essentiels pour aligner les parcours professionnels sur les besoins réels de l’économie locale

Plutôt que de créer des dispositifs parallèles ad hoc, MIGRET et AMIS renforcent les écosystèmes existants au bénéfice de toute la population. L’approche d’Enabel s’ancre au niveau territorial : elle renforce les capacités de gestion des services publics, des collectivités locales et de la société civile afin qu’ils puissent durablement accueillir, orienter et accompagner les personnes migrantes de retour. 

En évitant de calquer un modèle unique, parfois inadapté aux réalités locales, l’approche d’Enabel contribue aussi à intégrer les enjeux de la réintégration dans les politiques nationales de l’emploi, de la jeunesse et de la migration. 

Ce n'est pas fini ! La version complète de notre rapport est disponible sur notre site web :

Abonnez-vous à la newsletter d'Enabel pour recevoir nos actualités chaque mois dans votre boîte mail :

Photos credits: Rosalie Colfs, Isabel Corthier, Sam Deckers, FK Picture, Mohammed Hammou, Olah Portey, , Elias Halabi, XZOTIK
© Enabel

Two children on a bicycle in a West Bank town